Sagesses d’ailleurs, une voie à suivre

Mais que manque t’il donc à l’homme d’aujourd’hui pour être heureux? Il semble tout avoir, tout sauf l’essentiel. La condition est de nous simplifier, d’avoir moins de possessions. Pour cela les peuples racines nous montrent le chemin.

« l’homme capable d’établir une relation avec les arbres, les rivières, l’air qu’il respire ou l’eau qu’il boit, est un homme libre »
citation du livre Voyage dans le monde de Se, d’Eric Julien

Dans un monde en crise ou tout le monde cherche comment améliorer son existence à titre individuel ou sur un plan plus général en tentant de répondre à des défis économiques, écologiques, scientifiques, on pourrait s’interroger sur les modes de vie de ces quelques résistants que sont les peuples racines qui sont à l’épreuve du temps . Ils seraient au nombre de 370 millions répartis sur la planètes, Masaaî, Kogis, indiens, Bobos noirs, on a tendance à les oublier ou les considérer comme des espèces en voie de disparition et pourtant ils semblent posséder des réponses pleines de bon sens et de sagesse à nos problèmes actuels, et détenir les clés du bonheur.

Pour ces peuples racines le bonheur n’est pas un but en soi mais un moyen, un chemin ; bien qu’ils vivent dans des conditions précaires et non sans danger, ils ont su conserver le sens du sacré et de la spiritualité et l’introduire dans leur vie de tous les jours : dans leurs gestes, leur artisanat, leurs chants, leurs danses, leurs rituels. Ils ont su préserver une harmonie et le respect entre les différents règnes car ils ont conscience qu’ils font partie d’un tout, de quelque chose qui les dépasse et qui gère cet équilibre ; il suffit de regarder la nature ou chaque chose est à sa place, les arbres, les plantes et les fleurs, les rivières, les montagnes et les océans, aucune fausse note. Cet état d’esprit leur confère une humilité et une confiance en « ce qui est » qui leur permet de se dégager des contraintes inutiles et de s’adaptent au changement, contrairement à nous qui voulons tout savoir, tout maîtriser, tout prévoir ce qui au final nous crée des charges supplémentaires. Nous avons tendance à envisager la vie et le progrès comme une évolution sur une ligne linéaire alors que tout est impermanent, tout change et c’est bien là une de nos souffrances, nous n’avons pas intégré ce concept. Il ne s’agit pas de renier le progrès technologique qui était nécessaire et qui nous a apporté confort et sécurité, mais d’en faire quelque chose de nouveau et retrouver cette harmonie que nous avons perdue, de réintroduire le vivant en nous, de nous reconnecter à la nature et suivre ses lois plutôt que celles des hommes.

Ce qui me frappe aussi chez ces peuples, c’est la joie qu’ils dégagent, non pas une joie éclatante mais tranquille, sereine, leurs visages ne sont pas tendus par les soucis, les objectifs professionnels ou les problèmes familiaux ; ils ne se plaignent pas de leurs conditions de vie spartiates, de la pluie ou de la sécheresse, de la maladie et de la mort mais affichent des sourires francs et bienveillants qui parlent d’amour. Un amour pour la famille, pour leur communauté, pour la terre Mère, un amour généreux sans compétition ni jalousie ni jugement. Personne n’a rien à prouver alors que dans nos civilisations la relation à l’autre est toujours faussée par un esprit de compétition ou un rapport de force, l’amour est considéré comme une propriété ; on domine, on manipule, on invente des stratégies en son nom de peur qu’il nous échappe et du coup il devient souffrance, notre cœur s’assèche, on veut s’en protéger au lieu de le chercher à l’intérieur.

Nous avons perdu cette connaissance, ce langage de la nature, de la terre, c’est par l’expérience que nous pourrons le retrouver. Nous sommes devenus trop « carrés » et individualistes, nous courrons après l’amour alors que nous avons du mal à ouvrir notre cœur et nous cherchons du relationnel et du collectif au travers des réseaux sociaux qui manquent terriblement d’humanité. Nous devons nous demander si nous détenons la vérité dans les domaines comme la science, l’histoire, dans nos systèmes éducatifs, notre vision de la médecine, de la justice, de la religion, de l’écologie, de la communauté, et aller vers plus d’ouverture, faire des ponts entre les cultures modernes et traditionnelles, entre la science et la spiritualité. Se replonger dans cette sagesse et cette simplicité nous offre de nouveaux challenges et la possibilité de modifier nos modes de vie, nos relations, de remettre du sacré et de la beauté dans notre existence. D’aller à l’essentiel.

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