Le devoir d’être heureux

Le bonheur est un thème récurrent car tout le monde souhaite être heureux mais je me suis demandé si les gens avaient bien compris la définition du bonheur car ils sont prêts à y mettre un certains prix pour le trouver, or le bonheur ne s’achète pas. On croit atteindre le bonheur par le bien-être qui est devenu un devoir, une obligation, une nouvelle religion, un idéal à atteindre comme pour répondre à une nouvelle norme sociale et non pas pour soi-même. Pour la Société, être bien dans sa peau et en bonne santé est synonyme de performance, de productivité, de compétitivité, au contraire des gens malades qui sont perçus comme des “boulets”. Ce regard là n’est pas nouveau et les Entreprises emploient depuis un moment déjà toutes sortes de stratégies pour s’efforcer de renforcer les liens entre collaborateurs, développer l’esprit d’équipe, veiller à l’épanouissement de leurs employés pour qu’ils soient à leur plein potentiel. Une autre forme de compétition s’est créée à titre personnel : celle de la course au bonheur, à l’authenticité, à la bonne santé ;  N’ayant plus confiance dans les politiques pour garantir leur train de vie, leur sécurité, leurs valeurs, les hommes se sont tournés vers d’autres gourous comme les naturopathes, les thérapeutes et les coaches à qui ils confient leur destin. Il n’y a jamais eu autant de coaches de vie, que ce soit pour améliorer son image, pour réussir sa vie, réaliser ses rêves, trouver sa mission de vie, pour devenir l’homme idéal ou à la femme modèle.

A quoi pourrait ressembler un français heureux?

Généralement ont imagine le français modèle comme quelqu’un qui a « réussi » au niveau social : il a un projet de vie comme obtenir un CDI ou bien se mettre à son compte, puis se mettre en couple, fonder  une famille, acheter sa propre maison individuelle avec jardin et garage ; il passe ses journées à faire des allers et retours entre son domicile et son travail, ou le yo yo entre l’école et les activités sportives. Après le travail, il songe au moment de détente devant la télé une fois les enfants couchés et rêve de ses prochaines vacances. Ce modèle qui parait dépassé et ne fait plus vraiment rêver est pourtant la réalité ou la référence de bien des français et si ce but n’est pas atteint ou si ça dérape, ils s’engagent dans le développement personnel pour tenter de trouver un sens à leur vie et une autre voie……En effet s’il semble logique que « bien gagner sa vie » participe à nous rendre plus heureux, en tout cas moins anxieux, nous constatons avec le temps que la surconsommation ne nous rend pas plus heureux. Or le problème est bien là, nous sommes dans une société de surconsommation qui nous propose toutes sortes de plaisirs éphémères (nourriture, boissons, loisirs, voyages, décors de rêves….) qui ne répondent plus à nos attentes. Alors pour se conformer aux nouveaux idéaux il est devenu indispensable de faire un travail sur soi. Certains tentent le Yoga, la sophrologie, la méditation ou recourent à des coaches pour définir leurs objectifs de carrière, et leurs objectifs personnels, ils ne le font pas forcément par plaisir mais parce qu’il faut bien faire quelque chose pour ne plus être angoissé, retrouver le sommeil, être en meilleur santé, gagner plus d’argent, pour se sentir épanoui, aligné. C’est déjà très bien mais malgré tout ça les problèmes de société persistent : inégalités sociales, chômage, incivilités, maladies chroniques, solitude, etc.

Il y a quand même une forte contradiction dans tout cela ;  le bonheur est en grande partie de notre responsabilité, or nous nous entourons d’autres chaines, nous sommes plus assistés que jamais incapables de trouver le chemin seul. Ou est la liberté si on nous dit qui fréquenter, comment organiser ses loisirs ou ses vacances, comment se nourrir, quel rapport avoir avec son corps? Ou est la liberté si on finit par tomber dans la paranoïa ou la culpabilité parce qu’on n’a pas suivi son régime ou son programme à la lettre (je ne parle pas des sportifs de haut niveau ou de certaines personnes qui on besoin de d’être suivis médicalement )? Ou est la liberté si prendre soin de son corps tourne à l’obsession? Si le bien-être passe d’un sentiment agréable à une obligation, ou est le bonheur? S’épanouir ne passe pas forcément par le mariage, le sport à outrance ou les régimes alimentaires stricts. C’est une question d’équilibre et de choix délibéré car tout le monde n’a peut être pas envie de ce scénario fabriqué pour aller au Paradis, ou n’est pas prêt à changer sa personnalité, ses habitudes. Le risque de cette idéologie est de provoquer une fracture ou un malaise entre ceux qui rentrent dans le rang et les réfractaires qui préfèrent continuer de fumer, faire la fête, manger des sucreries en regardant la télévision. Il faudrait peut être arrêter de se regarder le nombril et s’écouter maladivement comme des hypocondriaques, cesser de nous plaindre, cesser de vouloir repousser nos limites et vouloir tout contrôler et plutôt accepter notre humanité avec les expériences qui vont avec et qui nous font grandir.

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