Street-art et murs frontaliers

photos Mai 2019 – Quartier de Kreusberg – Berlin

Je fais une petite parenthèse par rapport au thème de mon blog (quoi que s’exprimer par la peinture permet de vivre mieux) car je reviens de BERLIN, plus particulièrement des quartiers est de Berlin (ancienne RDA) et j’ai été frappé par la présence de graffitis dans la ville. On en trouve partout, sur les poteaux, les murs, les portes, les volets, le moindre recoin. En se promenant dans les rues, on peut voir surgir soudainement des personnages, des visages, des monstres ce qui donne à l’ensemble un spectacle tout à fait inattendu, tantôt poétique, tantôt humoristique. Les couleurs vives et bariolées illuminent et humanisent les bâtiments austères de l’ancienne RDA. L’aspect  le plus représentatif de cet art de la rue se trouve dans un musée à ciel ouvert appelé “EAST SIDE GALLERY” en hommage au mur de Berlin.

Après l’écroulement du mur en 1989, les tags et graffitis ont été remplacés par des créations d’artistes de toute nationalité et constituent une  fresque de 1,3 km sur la portion la plus longue qui reste encore debout. L’émotion est encore vive tant la symbolique est forte car au delà des oeuvres artistiques, c’était surtout une façon de faire passer des idées, des messages percutants, des messages de douleur et de colère et aussi  d’espoir et  de paix au delà des frontières  car il ne faut pas oublier ce que représentait ce mur : la folie des hommes. Le mur de Berlin n’est pas le seul ni le dernier, il existe d’autres murs frontaliers tous aussi aberrants :

les murs qui séparent les quartiers catholiques et protestants à Belfast en Irlande ; ils sont plutôt chargés de slogans politiques mais  se veulent aujourd’hui plus artistiques.

Le mur très emblématique entre Israel et la Cisjordannie ; un street-artist dénommé BANKSY se sert de son art pour alerter sur la situation de ce territoire occupé mais ses messages passent plus ou moins bien. Par exemple, Il a choisi de peindre un chat avec un un nœud rose autour du cou, exécutée en plein milieu des ruines  mais cette image n’a pas été comprise : «Je voulais attirer l’attention des gens sur la destruction de Gaza en postant des photos sur mon site – mais sur internet, les gens ne regarde que des photos de chatons.»

Enfin, le mur le plus récent  qui a dernièrement retenu l’attention avec la volonté de Donald Trump de maintenir cette barrière physique comme frontière entre le Mexique et les USA. La aussi, un collectif d’artistes a lancé un projet de réaliser une fresque appelée “le mur de la fraternité” pour alerter l’opinion. L’image la plus connue est celle d’un enfant mexicain réalisée sous forme de trompe l’oeil.

Les artistes qui s’expriment sur ces murs sont des artistes de street-art et du graffiti qui représentent un peu les héritiers de l’art mural, de l’art de la fresque. Outre l’aspect décoratif qu’ils donnent à leur environnement, ils sont souvent engagés et leur but premier est d’exprimer ce qu’ils ressentent sans tabous ni limites, sans appartenance à un groupe. J’avais envie de les saluer car ils revendiquent une certaine forme de liberté, ils sont les témoins d’une Histoire et d’une Société.

échantillon de photos prises à l’East Side Gallery – Berlin – Mai 2019

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