Quand la colère gronde

Je trouve qu’on parle beaucoup de la colère en ce moment, dans des articles de presse, dans des webinaires, lors de conférences, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de la tension ambiante. La situation n’est peut être plus aussi explosive qu’il y a quelques mois avec les manifestations des gilets jaunes mais je pense qu’il ne faut pas faire la politique de l’autruche et croire que cette colère est enterrée. La dégradation des conditions de vie des classes moyennes est une réalité et compte tenu des rapports de force actuels, il n’est pas étonnant que la colère gronde. Cela me fait penser à un volcan qui se réveille de temps en temps et qui un jour va finir par cracher sa lave.

Le processus de la colère m’intéresse parce que la colère est une émotion qui peut avoir des effets désastreux  qu’elle soit extériorisée ou  refoulée. Mon penchant pour la paix et la non violence me pousserait plutôt à tenter de la maitriser mais la colère a certains aspects  positifs qu’il convient d’évoquer pour être tout à fait honnête.

D’ou vient la colère? c’est une émotion intense qui nous embrase et qu’on ne parvient pas à gérer, c’est le décalage entre notre impuissance sur certaines situations et ce que nous percevons comme notre toute puissance, par exemple lorsque nous sommes face à une situation sur laquelle nous n’avons pas de prise ou face à certains sentiments  :

  • expression d’une rage devant une impuissance a obtenir ou faire quelque chose
  • Sensation d’injustice, de déshonneur
  • sentiment de trahison
  • sentiment de frustration
  • sentiment de mépris, d’humiliation

La colère peut être aussi l’expression d’un pouvoir autoritaire, du tyrannisme

Il y a des degrés et des couleurs dans la colère.

La colère “saine” qui n’est pas accompagnée de haine (manifestation d’une indignation, d’une protestation, d’une mécontentement, d’une peur) et qui ressemble plus à un “bon coup de gueule”. Il suffit parfois de peu pour que cette colère se transforme en haine.

Il y a les colères incontrôlées , celles qui nous font perdre la raison :

La Colère “sourde” ou “aveugle” qui est une colère blanche souvent accompagnée d’un désir de vengeance ce qui est très dangereux car elle peut nous faire commettre l’irréparable et mener au désastre.

La Colère explosive qui est une colère rouge : Elle est spectaculaire et terrifiante ; nous sortons de nos gongs et sommes dans la démesure, nous ne sommes plus nous-mêmes, notre visage se déforme, nous nous étouffons, nous sommes au bord de l’apoplexie, et ce n’est pas qu’une image,  on peut en mourir.

La colère rentrée ou dirigée contre soi-même est toute aussi néfaste ; c’est la colère du ressentiment (on rumine, on rumine, on bouillonne intérieurement, on peut aussi se sentir coupable et être furieux contre soi-même et porter cette souffrance pendant des années). C’est une bombe à retardement car tôt ou tard elle finira par s’exprimer d’une façon ou d’une autre  et développer des pathologies.

Parfois pourtant la colère est utile car elle permet de se mettre en action et faire bouger les choses ; Lorsque les gilets jaune expriment leur colère c’est non seulement leur exaspération mais aussi leur aspiration à plus de solidarité, de considération, c’et une rage du coeur ; cette colère là porte, donne du courage, de la vigueur et rend invincible. Se révolter face à l’injustice a été le départs d’actions honorables et d’avancées sociales. Elle peut aussi avoir un côté dissuasif face à un “ennemi” potentiel.

Alors quoi faire de cette colère?

Une chose est sure, quand la colère s’allume, il ne faut pas chercher à l’éteindre ni à la surmonter, de toute façon quand la pensée arrive on est dans l’instant premier, on est “hors de soi” donc incontrôlable. C’est l’instant d’après ou on a le choix, soit d’alimenter sa colère, soit de revenir à la raison. Il faudrait à ce moment là être capable de s’arrêter pour regarder sa colère, respirer, se détendre. Il ne s’agit pas de tout garder pour soi mais de se relier à ses besoins pour essayer de comprendre ce qui nous arrive, voir si on n’a pas fait une mauvaise interprétation, exagéré la situation, on peut aussi essayer de se mettre en empathie avec l’autre, communiquer. Souvent on se fait des films, on se monte le bourrichon, et on finit par s’autodétruire par un excès de pensées négatives.

La colère étant un signal d’alarme, il est fondamental pour sa santé de calmer sa colère pour éviter des cicatrices en interne et en externe et d’apprendre à l’anticiper et à mieux la gérer (par la méditation, la respiration, certains sports).

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