L’esclavage moderne

Je viens de terminer la lecture d’un livre qui m’a pris aux trippes, qui m’a boulversé, qui m’a révolté, qui m’a terrifié : Tous blessent, la dernière tue, de Karine Giebel. Il est question d’esclavage moderne. Ce sujet n’est pas agréable à évoquer et reste tabou mais j’ai tenu à exprimer mon ressenti face à ce constat que ça existe au 21 ème siècle dans nos pays soit disant civilisés. C’est l’histoire d’une petite marocaine confiée ou plutôt “vendue” à une famille française pour quelques euros afin de devenir leur domestique. A ce stade, déjà, quelque chose nous arrête : comment? comment une petite fille peut elle service de bonne, comment peut on en avoir l’idée, comment peut on le demander, comment peut on être complice de cela, comment peut on en faire un marché ?

Tama, son prénom d’adoption,  a 8 ans lorsqu’elle est arrachée à a tante après la mort de sa mère, son père croyant bien faire en la confiant à une femme de même nationalité chargée de lui trouver une famille de substitution. Une famille  française bien sous tout rapport. Et l’enfer commence pour Tama une fois son pied posé sur le sol français. Tama (elle n’a que 8 ans) doit  faire le ménage, le repassage, la cuisine, s’occuper du petit dernier, etc… et ne se couche qu’une fois ses tâches terminées. Elle dort sur un matelas posé à même le sol dans une pièce non chauffée, mange les restes du repas, n’a pas de jour de repos, ne touche aucun salaire. Elle vit comme une recluse et sert de souffre douleurs.

Ce récit est tiré de témoignages et s’inspire d’histoires vraies. Sur un thème approchant, celui de la maltraitance,  la journaliste Françoise Laborde a publié un manifeste poignant « Le Massacre des Innocents: Les Oubliés de la République » qui dénonce  un problème de société énorme et dont certains passages sont insoutenables. Ce tableau très sombre qui donne envie de vomir et qui m’a fait pleurer est la triste réalité pour des enfants, souvent des petites filles originaires d’Afrique, d’Afrique du Nord, des Philippines.  Je vous laisse imaginer l’existence de ses enfants qui perdent leur enfance en même temps que leur parents et leurs racines. Toutes ne subissent pas de mauvais traitements mais il n’empêchent qu’elles sont exploitées et qu’elles doivent se soumettre aux exigences de leurs patrons. Elles font partie de la famille tant que tout se passe bien et peuvent rester jusqu’à leur majorité puis sont chassées, certaines meurent d’épuisement, ou de leurs mauvais traitements (sévices, coups, blessures, quand ce ne sont pas des viols). Des sentiments de tristesse et de colère se mêlent dans mon esprit et j’ai HONTE.

Oui J’ai honte, j’ai honte pour ces gens qui se disent des êtres humains mais qui ont moins de conscience que des animaux, j’ai honte pour ceux qui ferment les yeux ou leurs oreilles, j’ai honte pour nos institutions qui ne font rien ou pas grand chose pour endiguer ce mal. Je conçois qu’il est difficile de les repérer puisque tout est caché, puisque les petites ne sortent pas et ne doivent pas se montrer mais il y a bien des gens qui savent. Il y a bien des gens qui sont complices. A toutes les petites TAMA du monde, je demande pardon, pardon pour tout le mal que vous font subir les adultes. Au nom de quoi? pardon pour votre enfance volée, c’est si précieux, l’enfance ! Pardon pour le manque d’amour, c’est essentiel l’amour d’une mère et d’un père ! Pardon pour le manque d’éducation, c’est important d’avoir accès à la connaissance. Pardon que nous ne sachions pas vous protéger. PARDON!

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