Ma vision de la méditation – partie 1

Cela faisait un moment que je voulais vous parler de la méditation mais je ne savais par quel bout l’aborder ; C’est un vaste sujet qui a fait l’objet de nombreux ouvrages mais qui reste encore mystérieux pour certains. Il est difficile d’en décrire le processus, c’est finalement très personnel,  le mieux est encore de pratiquer.  Je vais tenter de vous livrer mes ressentis dans une première partie ; je tenterai de développer les aspects et vertus thérapeutiques dans une seconde partie.

J’ai découvert la méditation il y a 7 ans à l’occasion d’un stage d’initiation à certaines pratiques énergétiques et j’ai été immédiatement séduite , séduite à la fois par la méthode qui me convient car j’aime le silence et le calme et que je suis quelqu’un de plutôt introvertie, séduite par ce qu’elle représente, une pratique spirituelle accessible à tous sans barrières de religions,  et aussi parce que j’ai pu faire l’expérience de la non souffrance et entamer des changements dans ma vie afin d’être plus en adéquation avec mes valeurs.

Une pratique qui se démocratise

Il y a quelques années, il me semblait que la méditation était plutôt réservée à des initiés, des sages, des maîtres spirituels, des maîtres soufis, des yogis, des moines (on a tous en tête les images de temples tibétains avec ses moines en robe jaune en position de lotus récitant des mantras ) ; je l’associais au YOGA, à certains courants religieux comme le bouddhisme, ou au courant New- Age venant des Etats-Unis, pays beaucoup plus ouvert que nous à l’ésotérisme. Je dirais qu’elle s’est surtout développée en France par le biais de la méditation de pleine conscience à partir du moment ou en a voulu en faire une méthode thérapeutique adaptée à notre pensée occidentale. Cette notion de “pleine conscience” a été introduite par le moine vietnamien Thich Nhât Hanh qui a fondé  le village des Pruniers en France (Dordogne). Voici ce qu’il dit :

Avec la pleine conscience nous sommes conscients de ce qui se passe dans notre corps, nos sensations, notre esprit et dans le monde, et nous évitons de faire du mal à nous-mêmes et aux autres. La pleine conscience nous protège, protège nos familles et la société. Quand nous sommes conscients, nous pouvons voir qu’en ne faisant pas certaines choses, nous pouvons empêcher d’autres choses d’arriver. Nous arrivons à notre propre vision profonde.” 

Cette méthode permet d’arriver au calme intérieur, à une meilleure concentration et une vision plus profonde des choses, il n’est pas étonnant qu’elle ait été “récupérée” par des psychologues ou psychothérapeutes, praticiens en tout genre et maintenant par le milieu du développement personnel d’ou son succès actuel.

Depuis qu’on a découvert les nombreux bienfaits de la méditation sur le mental et le physique et que des études scientifiques les ont démontrés,  on trouve sur le web autant de techniques que de recettes de cuisine : pour mieux dormir, pour retrouver la confiance en soi, pour atténuer les douleurs, pour réduire le stress et l’anxiété, pour augmenter la concentration. Si tous ces effets sont effectivement constatés et validés, il n’en reste pas moins que la méditation n’est pas faite pour ça. Il ne faut pas la confondre avec de la relaxation ou la sophrologie ou de la rêvasserie ou encore des séances de visualisation et son but premier n’est pas un instrument de bien-être ou un outil  pour guérir les différents maux de notre siècle. Le sens de la méditation est plus subtil, Il s’agit plutôt de gagner en liberté, en compréhension,  en humanité.

Sous son apparente simplicité, une pratique d’ouverture à soi et au monde

Bien qu’elle ne demande aucune compétence particulière, la méditation reste encore hermétique ou inaccessible à de nombreuses personnes car elle nécessite de se concentrer, de faire le vide, de faire silence, d’entrer en contact avec le présent, d’atteindre un état de paix intérieur ce qui n’est pas gagné alors que la plupart du temps on se laisse distraire par des choses extérieures : on pense à sa liste de courses, aux factures, au repas que l’on va faire juste après, on pense à ce que nous a dit untel ou untel, on  tente de lutter  avec ses soucis, ses difficultés du moments , ses traumas, et  sitôt les yeux fermés, toutes ces choses ressortent. C’est pour cela que les individus ne sont pas toujours convaincus, qu’ils se découragent  ou sont frustrés parce qu’ils ne trouve pas dans cette technique la solution miracle à leurs problèmes ; alors ils vont de de thérapeutes en thérapeutes ou de gourous en gourous en espérant trouver la méthode qui va leur convenir même si c’est juste pour un temps. Or, Il n’y a pas de technique miracle, il faut choisir celle qui s’approche le plus de son besoin ou son type de problème, celle qui nous “parle” le plus et une fois qu’on a fait ce travail sur soi, alors peut commencer la “véritable” méditation ;  là encore il ne faut pas croire qu’il s’agit de secouer la branche pour que le fruit tombe. Il ne s’agit pas de s’assoir dans un coin et penser à la lumière pour avoir l’illumination, Il ne s’agit pas de faire les choses mécaniquement. Il ne faut pas méditer parce qu’on vous dit que c’est la porte ouverte à l’abondance comme toutes ces techniques de visualisation, ou parce que c’est la voie royale pour aller au paradis ou parce que sinon vous êtes à la traîne, vous n’êtes pas de le flow, vous ne pourrez faire partie des “élus”. Il faut y mettre de l’intention, de la ferveur, de la conviction. C’est un acte fort, un acte de Foi. C’et un acte d’amour pour soi et le monde. Mieux vaut ne pas avoir  de technique mais faire preuve de bonne volonté que l’inverse.

Pour moi, méditer touche à la spiritualité, c’est un acte de communion avec moi même, avec les éléments, avec le cosmos ; par cette communion je capte l’énergie de la terre, du soleil, des astres, des planètes et ça me permet de me sentir plus forte. Nous avons un grand problème de manque d’énergie, à cause de nos vies trop sédentaires ou matérielles, à cause aussi d’une civilisation trop avancée en technologie. Tout cela finit par dévitaliser notre être d’ou la nécessité de nous ressourcer le plus possible dans la nature . La méditation est un bon exercice pour capter de l’énergie, dans un premier stade.

Mais la méditation est bien plus que ça, plus qu’un outil, plus qu’un but,  c’est un véhicule, le véhicule qui me permet d’évoluer, de me libérer du passé, d’obtenir plus de clarté en voyant la réalité telle qu’elle est, plus d’humanité, d’aller à l’essentiel. Souvent il y a une confusion dans  l’esprit des gens sur le mot “méditer” car dans le sens courant on a tendance à l’utiliser lorsqu’on pense, lorsqu’qu’on réfléchit ; certains croient qu’il s’agit d’ extase ou de léthargie mentale  or c’est tout l’inverse. Lorsque je médite, je suis dans l’instant présent et c’est tout, je suis bien consciente, je ne suis pas partie “ailleurs”. Vous avez certainement entendu cette expression “ici et maintenant” qui résume parfaitement le processus. Grâce à cette introspection, grâce à cette détente corporelle qui passe par la concentration, la maîtrise de ma respiration, je parviens à relâcher la pression, à lâcher prise, à me recentrer sur mes valeurs, à trouver des ouvertures et prendre des décisions en âme et conscience. Lorsque je m’aperçois que je deviens  détachée par rapport aux choses, à mes émotions, à tel ou tel évènement, aux agressions extérieures, je me sens plus libre, plus forte.

Tout est dans l’intention, la posture, l’attention

Il y a autant de façons de méditer qu’il existe de chemins, l’une sera plus dévotionnelle, l’autre plus mentale et une autre plus rituelle. En attendant d’avoir trouvé sa voie, le mieux est d’effectuer une méditation qui soit le plus simple, le plus neutre possible, qui soit tout simplement l’abandon de soi.

Même si l’on devrait pouvoir méditer n’importe ou, je trouve qu’il y a quelque chose de solennel dans cet acte, quelque chose qui va du recueillement et pour ma part je préfère m’isoler pour être dans le silence donc je m’y prépare. L’idéal serait d’être dans la nature , face au soleil par exemple mais j’aime aussi me retirer dans une pièce de la maison ou je ne risque pas d’être dérangée. On peut allumer des bougies ou parfumer la pièce d’encens mais je n’en ai pas besoin.  Alors je ferme la porte de la pièce, je m’assois et je ne considère plus rien. Je prête juste attention au rythme naturel de mon souffle, inspirations, expirations ;   les agitations et les mauvaises pensées s’éloignent déjà , petit à petit, les tensions s’apaisent et je commence à capter l’énergie. je peux alors “rentrer” en méditation, dans cette phase plus profonde de rencontre, de communion avec moi même. Plus rien n’est capable de me distraire ou capter mon attention,  mis à part le bruit de ma respiration ou les sons du mantra que je récite parfois. Les distractions ne sont pas graves en soi mais c’est comme si elles diluaient mon énergie. Alors que si je parviens par un pouvoir d’intériorisation à  ramener cette énergie, à rassembler mon corps, mon esprit, mon âme en un seul tout, j’éprouve une sensation de paix unique. Cette paix se propage à mon entourage,En méditant, c’est donc un véritable cadeau que nous nous faisons et que nous faisons au monde.

La pratique consiste à faire que cet état intérieur  ne se limite pas à certains moments privilégiés mais se vive à chaque instants de notre vie. Arnaud Desjardins, enseignant spirituel contemporain, faisait de la méditation un exercice préparatoire à une pratique quotidienne et c’est comme ça que je la conçois. Ne méditez pas tous les jours une demi-heure ; méditez cinq cent mille fois par jour un instant”.

Personnes influentes et citations

Pour finir, je vous cite quelques personnes connues qui ont contribué à l’essor de la méditation avec pour chacune une citation. Quelle est celle qui vous correspond le plus?

KRISHNAMURTI, (1895-1986)  d’origine indienne, il se voulait libre de toute origine, pensée et culture : “la méditation est cette faculté d’appréhension totale de la globalité de la vie : de là naît l’action juste”.

ARNAUD DESJARDIN (1925-2011) d’origine française, réalisateur de télévision et maître spirituel : “méditer est considéré comme une pratique. Mais nous nous rendons compte que la méditation est au contraire une non-pratique, par l’effacement des différents mouvements de la pensée, et tout ce qui encombre notre conscience”.

THICH NHAT HANH moine bouddhiste d’origine vietnamienne refugié politique en France depuis 1972 qui a fondé le Village des Pruniers en Dordogne en France : “Lâcher prise nous donne la liberté, et la liberté est la seule condition du bonheur. Si, dans notre cœur, nous nous accrochons encore à quelque chose – à la colère, à l’anxiété ou à des biens – nous ne pouvons pas être libres. “

MATTHIEU RICARD moine bouddhiste d’origine française , auteur du livre “L’art de la méditation”  qui  a participé à de nombreuses émissions télévisées et n’ a pas hésité à collaborer avec les scientifiques pour faire progresser l’image de la méditation   :  La liberté intérieure permet de savourer la simplicité limpide du moment présent, libre du passé et affranchi du futur.

ECKHART TOLLE  enseignant spirituel  d’origine allemande auteur du best seller “le pouvoir du moment présent” :  « Vous connaître comme étant l’Être derrière le penseur, le calme derrière le parasitage du mental, l’amour et la joie derrière la souffrance, c’est cela la liberté, le salut, l’illumination ».

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