Je t’aime moi non plus

Je me décide enfin à vous parler du couple. Je ne me sentais pas vraiment concernée ayant choisi le célibat et n’ayant pas d’amoureux pour le moment avec qui partager. Cette question de savoir comment VIVRE MIEUX la relation amoureuse est tellement préoccupante pour les individus, presque vitale que j’ai eu envie de vous partager ce que j’ai pu en retenir avec le recul. Pour cela, je me suis replongée dans mon histoire pour voir comment j’aurais pu éviter les échecs. Cela remonte à l’enfance.  On a raconté des histoires de princesses aux petites filles et on a programmé les petits garçon à trouver une bonne épouse, on nous a fait croire à la permanence des sentiments (c’est moins vrai aujourd’hui). Et bien je n’ai pas échappé à ce conditionnement. Je me souviens que petite fille j’ai été bercée par les comtes de PERAULT et de GRIMM, je m’identifiais à Blanche Neige et à la belle au bois dormant et je rêvais du “prince charmant” , c’est à dire de l’homme idéal, d’une sorte de héro bienfaiteur qui prendrait soin de moi et m’aimerait toute la vie.  J’ai continué adolescente avec les romans et me suis mise en quête de cet amour impossible. C’était sans compter sur mon tempérament passionné, possessif,  mon perfectionnisme, mon intransigeance sur certaines valeurs, ma tendance à juger l’autre s’il n’était pas à la hauteur. Wahou! En écrivant ces lignes, je réalise combien j’étais à côté de la plaque et que je m’y prenais très mal pour vivre une relation épanouissante : l’autre n’est pas un objet et n’a pas à être sous mon contrôle ! Mais au delà de cet amour immature, je rêvais de l’amour inconditionnel et d’une expérience spirituelle qui me permette de vivre ce qu’il y a de plus élevé dans le sentiment amoureux,  or avouons le, c’est quasi impossible a vivre dans la “vraie vie”.  

Mis à part mes difficultés, je constate que beaucoup de personnes ne sont pas dans des relations de couples paisibles, harmonieuses ou joyeuses. les souffrances qui reviennent sont toujours les mêmes. On a tendance à répéter les mêmes schémas. Au lieu de rechercher des techniques ou des philtres d’amour pour conserver l’élu de son coeur,  il faudrait plutôt revenir à la base et se poser les bonnes questions : pourquoi sommes nous en couple ? suis je dépendant de l’autre? parlons nous le même langage?

POURQUOI SUIS JE EN COUPLE  ET DE QUEL AMOUR S’AGIT IL ?

Pourquoi suis je en couple ou pourquoi est ce que je veux être en couple ? pourquoi avec cette personne en particulier ? pourquoi est ce que je continue cette relation ? : est ce qu’il y a du partage, de l’échange, de la communion, de l’harmonie, de la joie, de l’affection, de la tendresse? Quels sont mes besoins nourris par cette relation ? : est ce pour me sécuriser, pour ne pas être seule, est ce purement sexuel? Lorsque je dis “je t’aime” à quelqu’un, que signifie ce “je t’aime”? : est ce que j’aime l’autre pour CE QU’IL EST ou pour ce QU’IL RENVOIE  de moi ? Est ce que j’aime LA PERSONNE ou CE QU’ELLE FAIT pour moi? de quel amour s’agit il ? : est ce un amour enfantin, fusionnel,   un amour passionnel, possessif, un amour sensuel, porté sur le sexe, un amour amitié, un amour médicament, dévouement, un amour spirituel,  universel ?  Si je suis dans un amour enfantin, j’ai plus besoin de recevoir que de donner et je risque de  souffrir souvent. Alors que dans un amour mature, je vais avoir envie de rendre l’autre heureux, prendre soin de lui, je vais avoir envie de donner. Lorsque les deux êtres sont dans cette intention, dans cette même énergie, ce sera fluide, harmonieux.

Les deux repères pour savoir si cet amour est véritable sont la joie et le désir de contribuer au bien être de l’autre.

SUIS JE HEUREUSE,  EPANOUIE ?

Est ce que cette relation me met en joie? La joie est un véritable baromètre. Une relation sans joie n’a pas de sens. L’amour est une vibration de joie pure : lorsque je vois la personne aimée, je suis transportée, mon coeur chante, il exulte, surtout au début  lorsque nous somme amoureux, nous vivons intensément chaque émotion en particulier la joie lors de la rencontre, ou des retrouvailles, Après un quotidien de plusieurs années, la dynamique peut s’user surtout si la relation a été “calculée” et s’il elle se maintient par stratégie, par habitude, mais dans les couples ou l’amour se manifeste chez chacun de façon libre et spontané, je constate que l’envie et la joie sont toujours au rendez vous . Il faut déjà être bien avec soi-même, s’aimer soi-même  avant d’aller chercher à combler cet amour à l’extérieur.

SUIS JE AUTONOME DANS CETTE RELATION ?

Un autre baromètre est mon degré d’autonomie. Pour vivre une relation épanouie, je dois éviter d’être dépendant de la relation, être capable de quitter la personne sans que ma vie semble foutue ; j’entends par là que je ne dois pas vivre à travers la personne, je ne dois pas me réduire  à un seul être, être à sa merci comme le nouveau né qui ne peut vivre sans sa mère.

Nous avons été programmé dès notre naissance à vivre dépendant des autres et même avant : le fétus est relié à sa mère par le cordon ombilical puis devenu bébé il a besoin d’elle pour manger, changer sa couche, pour la toilette, ….. ;  Déjà petit on découvre la frustration, l’impuissance, la souffrance de dépendre de quelqu’un, Donc en grandissant, nous allons chercher à nous affranchir. On peut finir par croire que c’est possible, en quittant nos parents. Mais dès qu’on tombe amoureux on retombe dans la dépendance. Là encore il s’agit de devenir autonome et de considérer que l’autre n’est pas un besoin ou un bienfaiteur, un sauveur, cela est possible si j’ai appris à nourrir mes besoins par ailleurs.  L’autre n’est pas responsable de mon bonheur et vice versa. Nous sommes là pour nous donner réciproquement de l’amour du soutien, de la douceur.  Le problème vient souvent du fait que nous avons tendance à nous projeter a travers l’autre, à nous investir sans compter et mettre toute notre énergie pour conserver cet amour ce qui créée un déséquilibre lorsque c’est à sens unique.

AVONS NOUS LE MÊME LANGAGE?

Ce point là est capital. Nous avons beau nous aimer, si nous ne parlons pas le même langage, cela risque d’être compliqué. Si je ne donne pas à l’autre ce qu’il attend ou vice versa, la frustration va s’installer. Et les reproches, et l’incompréhension.  Or, nous n’avons pas tous la même façon de fonctionner, certains prouvent leur amour plus en paroles, certains en actes, certains privilégient la qualité, certains la quantité..……Si les façons sont vraiment trop différentes ou opposées, ça ne pourra pas le faire. Et si en plus,  l’autre n’a pas envie d’apprendre notre manière d’exprimer l’amour, on se retrouve bien seul. Il faut donc connaître son propre langage, savoir quel est son propre besoin et apprendre le langage de l’autre puis tenter de trouver un terrain d’entente en osant exprimer ses attentes, ses émotions. faire preuve de souplesse aussi.

Selon Gary CHAPMAN, conseiller conjugal américain auteur de nombreux livres sur le sujet, il y a 5 langages pour exprimer son amour et ainsi maintenir un amour durable :

  • des paroles valorisantes, bienveillantes, de gratitude, des compliments, des paroles émises sur un ton  aimable et non sous forme de reproches ou d’exigences
  • des moments de qualités : des moments complices, de partage, de dialogue, ou chacun prend soin de l’autre
  • des cadeaux : le prix n’est pas représentatif, c’est plutôt symbolique, cela peut être un objet, une fleur, un mot doux, une lettre, une  présence, tout signe qui montre a l’autre combien je pense à l’autre, combien je l’aime
  • Les services rendus : savoir décharger l’autre quand il en a besoin comme l’aider à faire des tâches ménagères ou administratives, faire les courses,  promener le chien, faire prendre le bain aux enfants, réparer la voiture,  etc….ils ne doivent pas être vécus comme une contrainte mais un réel service.
  • le toucher physique : caresses, étreintes, baisers, massages, relations sexuelles

LES LIMITES DE L’AMOUR

A la base il y a la rencontre qui peut être un coup de foudre, ou nous sommes fascinés, aveuglés, hypnotisés par l’autre. Pendant cette période ou tout nous parait merveilleux, nous le voyons comme un être idéal et nous interprétons cela comme de l’amour ; puis, avec le temps, les yeux s’ouvrent, on redescend sur terre et on voit l’autre tel qu’il est réellement. Qu’est ce qui fait que notre regard a changé entre avant et après le coup de foudre? En fait  il y a plusieurs étapes qui font que tout n’est pas linéaire.

  • Le sentiment amoureux : c’est le début ou tout va bien, chacun sublime les vertus de l’autres, on est dans l’idéalisation
  • l’adaptation : on commence à faire des concessions et c’est la que tout se joue.
  • les conflits : après l’euphorie du début, on se rend compte que notre regard a changé et si nous ne parvenons plus à nous adapter, les conflits surgissent, nous commençons à vouloir prendre le contrôle ou nous baissons les bras en nous disant que nous ne sommes pas fait l’un pour l’autre

les facteurs de risque

Les conflits surgissent parce que nous sommes confrontés à certaines situations qui représentent des facteurs de risque :

  • routine du quotidien
  • incompréhension
  • jalousie maladive
  • stress, difficultés professionnelle
  • infidélité
  • problèmes financiers, chômage
  • éducation des enfants
  • place de la belle famille ou des copains
  • choix des vacances
  • spiritualité ou pratique religieuse

Afin de contrebalancer ces facteurs de risques, il est bon de développer des facteurs d’équilibre tels que :

  • savoir être à l’écoute de l’autre
  • avoir une bonne connaissance de soi et de l’autre, savoir se remettre en question
  • ne pas tout attendre de l’autre
  • parler le même langage
  • l’humour
  • la confiance
  • patience, tolérance
  • se réserver du temps

Mais que faire lorsque le partenaire ne veut pas faire d’effort ? Lorsqu’il ne veut pas se mettre à l’écoute ou en empathie ? s’il éteint notre joie, nous malmène? Il ne faut pas hésiter à lui exprimer sa limite  sinon cela va amener de la souffrance, et peut aboutir à de la violence .  Cela ne sert à rien de  s’acharner à faire fonctionner des relations qui ne marchent pas. IL faut être deux pour que ça marche. Si on est avec quelqu’un de trop différent de nous,  qui n’a pas l’ envie ou les moyens de s’adapter à notre fonctionnement, si nous passons plus de temps à raccommoder les morceaux, à faire des ajustements  plutôt que vivre l’amour, il est peut être temps de remettre en cause cette histoire. S’il y a plus de souffrance que de joie, si c’est le bagne, quelle est la raison d’être de cette relation de couple ? le but est de goûter la joie et non passer 80% du temps à se battre pour que la relation soit viable.

Les 4 Cavaliers de l’Apocalypse :

ce terme a été utilisé par John Gottman, professeur émérite en psychologie spécialisé dans la relation de couple. Ses recherches sont reconnues dans le monde entier. Il a contribué à éviter des divorces  et pour cela a développé plusieurs thérapie de couple.  Selon lui, il y a 4 signes qui indiquent à 90% qu’une relation est vouée à l’échec :

  • les critiques ou le langage klaxon “tu, tu tu” : “ tu n’as pas fait ci” ou ça “tu le fais exprès”, “tu es ou tu n’es pas ”
  • le mépris, qui se traduit en parole blessantes, moqueries, insultes, sarcasmes mais aussi en attitude (soupirs, yeux au ciel, moue dédaigneuse) ayant pour but de rabaisser l’autre ; il n’y a rien de pire
  • La contre attaque : (obstruction, défensive) rendre l’autre responsable du problème et tenter de prendre le contrôle
  • l’évitement :  mise en retrait, fuite, couper la communication

 VERS UNE VIE DE COUPLE REUSSIE

Gardons espoir, malgré tous ces facteurs et ces limites, il existe des couples épanouis, j’en côtoient plusieurs, j’observe leurs échanges et leur mode de communication et vois bien ceux qui fonctionnent. Ils ont tous leur secret  Même si on ne connait pas complètement la vie des gens, il y a des constantes et pour moi les critères principaux  pour un amour épanoui sont les suivants :

  • avoir des natures assez proche et des intérêts communs, parler le même langage d’amour
  • accepter l’autre tel qu’il est sans vouloir le changer
  • se respecter mutuellement
  • avoir une foi et une confiance totale en l’autre
  • avoir des paroles bienveillantes et avoir envie de prendre soin de l’autre, de lui faire plaisir
  • avoir envie de grandir, de s’enrichir en la présence de l’autre, avoir envie de construire ensemble

Voici quelques conseils glanés ici et là qui me semblent très judicieux qui reprennent ce que nous avons vu plus haut  :

  • Eviter les attaques verbales, les insultes, ou l’intention de rabaisser l’autre, le mépris
  • Eviter le langage KLAXON “tu ….tu……tu…..(tu as fait ci, tu as fait ça, tu aurais du, tu es etc…. ) ; lorsque quelqu’un entend des reproches, il se ferme, le communication est rompue. IL faudrait plutôt demander à l’autre “qu’est ce que je fais qui t’agace ou te déplais ?  Et qu’est ce que je peux faire pour que ça aille mieux ? Et lui suggérer ce qu’il devrait faire lui aussi pour que la situation s’améliore.
  • Eviter de nier sa responsabilité, de rentrer dans un mode de victimisation et rejeter le blâme sur l’autre
  • Etre attentif à l’autre, à ses émotions, ne pas hésiter à lui demander “comment tu vas, comment tu te sens ”   si on décèle quelque chose qui ne va pas.  On n’est pas assez attentif aux émotions de l’autre, on est trop axé sur soi. Or plus on aide l’autre à se relier à lui, plus ça nous relie à nous. L’autre est censé être la personne la plus importante pour moi, donc son bonheur m’importe. Certaines personnes ont du mal à dévoiler leurs émotions, Il suffit parfois d’être juste à l’écoute.
  • En cas de conflit, savoir dire STOP. Dire que ça ne nous convient pas, qu’on ne veut plus entendre ces paroles, ce ton, qu’on n’accepte plus ce comportement, que nous avons atteint notre limite  etc….
  • Oser dire “je suis désolée” lorsqu’on a fait de la peine ou mis en colère la personne…..cependant  il ne suffit pas d’être désolée et de recommencer ; il faut en tirer une leçon et changer notre façon de faire ou de dire
  • Savoir prendre du temps pour célébrer son amour le plus souvent possible, se dire “je t’aime” avec le langage que l’autre comprends

L’amour se travaille, il demande des efforts : de  l’engagement, de la volonté, de la patience, de la persévérance,  ne doit pas se limiter à un basique instinct ; Parfois nous avons quelque chose à vivre nous avons à cheminer pour évoluer, pour atteindre ce niveau d’amour inconditionnel. Pour moi, une relation de couple réussie est le plus haut degré de spiritualité concrétisé.

“Le couple est un système en équilibre dynamique qu’il faut protéger de la division en apprenant à gérer les conflits et qu’il faut alimenter par des renforcements positifs, réguliers et fréquents en dévoilant ses désirs pour les satisfaire ensemble”.

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