Mission de vie et chemin spirituel

Pendant le confinement, j’ai eu soudainement un gros coup de spleen. Devant mon écran d’ordinateur, alors que j’attendais des instructions de ma hiérarchie (je suis en télétravail), je me suis demandé quel était le sens de tout cela. Je veux dire cette attente toute la journée devant mon ordinateur alors que d’autres sont sur le terrain à lutter pour sauver des vies. Je me suis sentie inutile. J’ai pleuré. Je me suis demandé quelle était ma mission sur cette terre, ma mission pendant ce confinement. MA MISSION, la grande affaire! Avez vous remarqué le nombre de conférences, de formation, d’ateliers, de wébinaires autour de cette thématique de la mission de vie ?  je pense que cet intérêt croissant  répond a une forte demande de personnes en quête de sens qui se sentent vides ou qui culpabilisent ou qu’on a culpabilisées et qui se croient en retard par rapport a des gens soit disant plus évolués, comme si le fait d’être dans sa mission de vie était la clé pour faire partie d’une élite et passer à une dimension supérieure, ou tout simplement la clé du bonheur. C’est certainement encore plus vrai aujourd’hui ou bien des schémas de vie  sont remis en question mais à force de chercher on risque de passer à côté justement car cela ne doit pas être une notion intellectuelle ou mentale. Il est également beaucoup question d’abondance  parce qu’il y a de nombreuses croyances sur le fait que si les gens sont “alignés” donc dans leur mission de vie,  ils peuvent vivre dans l’abondance. Ce n’est pas totalement faut mais il ne faut pas tout prendre à la lettre, l’abondance dont on parle n’est pas que financière. Et cela ne doit pas être un but en soi. 

Déjà le mot mission me gêne car il sous entend quelque chose de capital, de lourd à porter, quelque chose qui met encore l’égo en avant alors que la “mission” de vie n’est pas du domaine du mental mais plutôt de l’âme.  Il serait plus approprié de parler de chemin de vie, d’expérience, car nous somme sans cesse en évolution. C’est ça qui est intéressant. Rien n’est figé.

Combien d’hommes ont l’impression d’être perdus ou dans l’ennui s’ils ne sont pas occupés à faire quelque chose. ou s’ils se retrouvent seuls. Ils ne peuvent pas vivre sans la télévision, sans le portable et  FACEBOOK, sans internet, sans amis, sans le travail, sans lecture, parce qu’ils ne sont pas nourris de l’intérieur. Alors pour ceux qui sont en quête de sens, s’inventer une mission de vie est une façon de se rassurer, de remplir un vide. Il faut cependant faire attention de  passer à l’action pour la bonne raison. Il y a 3 ans j’ai voulu quitter mon emploi alimentaire qui ne faisait plus sens depuis longtemps afin de m’installer à mon compte comme praticienne  énergétique.

Comme j’étais très motivée, j’ai pensé que tout serait fluide, or pas du tout et je ne comprenais pas pourquoi  ; pourtant j’étais sure de moi, j’avais suivi une solide formation qui m’a demandé beaucoup d’investissement et qui a été validé par un diplôme ; cette activité correspondait à mes valeurs, elle réunissait 3 aspects essentiels à mes yeux : bien être, psychologie, spiritualité. Pour mettre plus d’atout de mon côté, je me suis diversifiée, j’ai fait d’autres formations mais plus j’insistais dans cette voie, plus certaines portes se fermaient ; je sentais que quelque chose n’allait pas. J’ai fini par me repositionner. Il me semble avoir compris le message. En fait, il y a ce que mon mental voulait et ma raison d’être profonde et les deux n’étaient pas en cohérence. Je me suis rendue compte que la raison pour laquelle je voulais m’installer à mon compte n’était pas si honorable que ça, il s’agissait surtout d’une fuite, fuir un boulot, fuir une vie qui ne me convenaient plus. Je pense aussi qu’il y avait un problème de timing. Cette question du timing est très importante. Je pense que je n’étais pas prête. Parfois, nous avons des expériences à vivre qui sont dans un plan que nous ne maîtrisons pas. J’ai fini par reporter mon projet et tenter de trouver une raison d’être dans mon quotidien ; je m’emploie à apporter de la chaleur humaine aux gens qui sont sur mon chemin, à faire passer des message aux gens que je côtoie, même au travail ou mes conseils sont souvent sollicités, et depuis j’ai vraiment l’impression d’être utile non seulement par mes compétences professionnelles mais aussi par mes qualités humaines, et j’en suis heureuse.

Donc j’ai compris que je ne devais pas culpabiliser du fait que CE QUE JE FAIS  socialement n’a rien à voir avec CE QUE JE SUIS spirituellement. L’idéal est lorsque les deux  correspondent  mais ce n’est pas une obligation.

De nombreuses personnes pensent que la réponse à la recherche du bonheur et à l’accomplissement de soi passe par un abandon total de leur ancienne vie qui ne les satisfait pas, par une action qui leur ferait prendre un virage à 180 degré ; J’écoute beaucoup de témoignages d’influenceurs qui vont dans ce sens et qui laissent croire qu’une des façon de se réaliser serait de se mettre infropreneur, coach ou thérapeute pour avoir plus de liberté et plus d’argent et qu’on n’est pas obligé de travailler dur pour s’accomplir, ce qui n est pas faux, mais c’est un résumé un peu simpliste des choses  ; tous ces témoignages mettent une forte pression a toute un partie de la population qui n a pas trouvé sa voie. Moi même j’ai été prise à ce piège des milieux du développement personnel dont je doute parfois des bonnes intentions. La liberté ne se trouve pas à l’extérieur de nous mais bien à l’intérieur de nous. 

Je me suis dit que je ne devais pas me sous-estimer parce que j’étais une “simple” assistante, cela ne signifie pas que je ne suis pas assez évoluée pour être clairvoyante, maître ou guide. Tant pis si je ne suis pas guérisseuse avec pignon sur rue,  je suis moi, un être lumineux qui travaille pour l’être et non l’avoir. Cela veut dire que j’ai un rôle à jouer dans la société, que je dois me rendre utile à ma manière avec les outils qui sont les miens, les qualités qui sont les miennes, à la fois mentales, spirituelles, des qualités de coeur. J’ai mon évolution à faire à l’intérieur de ma communauté. Certes, j’aurai préféré un rôle plus direct, plus visible pour avoir plus d’impact mais finalement cela correspond à ma personnalité. Je m’emploie à incarner qui je suis au quotidien, pas sur une scène, ou devant un public ou une caméra. On ne peut avoir une société composée que de thérapeutes ou de leaders, il faut de tout pour faire un monde!

Comment se passe notre vie sur terre, dans la société?

Nous devons travailler pour pouvoir manger, se loger, satisfaire à nos besoins et certains plaisirs. Lorsque nous avons ce seul objectif sur terre, nous nous rendons compte que pour obtenir plus, il faut gagner plus et très vite on rentre la compétition notamment dans le domaine professionnel, on rentre dans un cercle infernal et cela devient une source de traumatismes, de frustrations, de stress, de complexes. De plus en plus de gens rejettent cette façon de vivre et deviennent des exclus, des marginaux ; certains peut être plus créatifs ou entreprenants ou déterminés trouvent des alternatives mais la majorité reste dans la norme.  Alors comment faire pour transformer son quotidien en  « mission de vie » ?

Il n’y a pas de recette miracle n’en déplaise à tous les coachs et autres mentors qui pullulent sur le net et qui vous proposent des programmes en 5 ou 6 modules.  Les hommes ont des schémas plein la tête, ils veulent des recettes pour tout : pour devenir autoentrepreneur, pour investir dans l’immobilier, pour être de bons parents, pour sauver leur mariage,  pour gagner beaucoup d ‘argent en travaillant 16h par semaine,  mais il n’y a pas de  recette en 5 points pour trouver le bonheur et donner un sens à sa vie. Effectivement, s’user au travail est un non sens, mais peut être faut il voir les choses autrement. Consommer a t’il plus de sens? S’acheter des villas, voitures, gadgets à la mode, plein de vêtements, a t’il du sens? La société ne va pas vers l’évolution spirituelle car c’est notre regard qui est faussé. Après le confinement il serait dommage de retourner dans cette course folle, profitons de cette parenthèse pour reprendre le pouvoir de nos vies.

Si on essaye des méthodes pour aller mieux en comptant sur une intervention extérieure  avec l’espoir que tout ira mieux un jour, on risque d’attendre longtemps et d’être déçu. Il faut avoir une vision plus large des choses, du monde, de la vie  ce qu’on appelle une vision holistique. Je pense qu’il faut essayer de comprendre pourquoi on est sur cette terre et rester humble. Ne pas se croire forcément investi d’une mission de sauveur ou autre car là encore, on risque d’être déçu ce qui a été mon cas. Chaque moment de notre vie, chaque lieu ou nous passons, chaque rencontre est le prétexte pour développer nos qualités, pour s’affirmer, pour se dépasser, pour créer. Ainsi nous ne subissons plus les choses, nous en devenons acteur car nous savons ce que nous avons à faire.

 

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