Just Now

Ces derniers jours j’ai ressenti une grande tension due à tout un tas d’émotions allant de la contrariété, de la colère, de la frustration, de la tristesse, de l’inquiétude parce que je me projetais à tort tantôt dans le futur à penser à la sortie du confinement et à toutes les épreuves qui nous attendent encore, tantôt dans le passé à me dire ce que j’aurai du faire pour vivre mieux. Passé, futur, notre mental oscille toujours entre les deux et ne parvient pas à se figer dans le temps présent. C’est bien dommage parce que vivre le temps présent est la condition essentielle pour vivre l’harmonie, pour VIVRE MIEUX.

Cette notion de temps présent, assimilée aussi à la pleine conscience,  a été développée par 2 grands maîtres spirituels contemporains, ECKART TOLLE et THICH NHAT HANH, de façon différentes bien sur puisque l’un se dit n’appartenir à aucune religion alors que l’autre est un bouddhiste tibétain, mais la quête et la façon d’y arriver sont quasi les mêmes.  Qu’est ce donc que cette notion du temps présent?  : L’ici et maintenant.

ICI et MAINTENANT, deux mots qui évoquent des notions de lieu et de temps. des notions créées par notre mental. Le temps rythme notre vie, tout tourne autour de lui, nos pensées sont tournées soit vers le passé (notre mémoire, nos souvenirs, tout ce qui constitue notre identité), soit vers le futur (anticipation de quelque chose, l’ attente ), Dans l’épreuve que nous traversons, nous voyons comme la gestion du temps est primordiale car le temps peut devenir une prison, un enfer si on ne se l’approprie pas.  Si on essaie juste de “tuer le temps” par toutes sortes d’activité ou si on essaie de le faire disparaitre en gommant tous les points de repères, on peut vite tomber dans la  dépendance ou la léthargie et la dépression .  Pour ne pas sombrer Il est important de se créer des protocoles, se lever, faire de l’exercice,  manger, se coucher aux mêmes heures, pratiquer nos hobbies qui soient des plaisirs et non des contraintes. Accepter aussi de ne rien faire pour être face à soi. Accepter de vivre le moment présent parce que c’est le seul qui importe, c’est l’instant unique auquel on ne peut échapper donc autant qu’il soit vécu le mieux possible.

Vivre dans le moment présent ou dans la pleine conscience revient à prêter attention à chaque geste, chaque moment de sa vie, à se concentrer sur ce que l’on fait au lieu de s’éparpiller, à faire chaque chose en conscience.

Le problème est que  nous sommes envahis par des informations de toutes sortes,  surtout en ce moment, nous en cherchons encore et encore et nous nous éparpillons. Nous avons du mal à garder un cap et notre sérénité devant toutes ces nouvelles anxiogènes, parfois contradictoires, devant toutes les sollicitations de nos sociétés modernes en général. Nous vivons pour l’avenir et en oublions de vivre le moment présent. Que cherchons nous? à vouloir toujours plus ? à savoir toujours plus?  Pourquoi cherchons nous? pour obtenir un résultat, asseoir notre identité, pour être plus complet, pour nous rassurer bien souvent parce que quelque chose manque en nous. Parce que nous ne sommes pas en paix avec qui nous sommes, parce que nous souffrons et allons chercher à apaiser cette souffrance par des choses extérieures : des possessions ou des  excitants, des drogues  ou des pratiques de développement personnel.  Nous cherchons en dehors ce que nous avons en nous. Il est possible de trouver la solution en nous dans le moment présent parce qu’alors nous sommes libérés de la ronde des pensées du mental. Notre esprit devient plus clair et plus lucide. Lorsque nous passons notre temps sur l’ordinateur, nous sommes dans le mental, notre esprit est coupé du corps et lorsque l’esprit est coupé du corps, nous ne sommes pas complètement vivant. Il nous manque quelque chose de vital. Il est bon de décrocher, de faire des pauses pour nous recentrer ; par exemple  porter notre attention sur notre corps, notre respiration, et ainsi nous réunissons les deux ; c’est à ce moment là que nous pouvons vivre l’instant présent.

Cette notion qui semble évidente sur le plan de l’intellect, n’est pas si facile à vivre au quotidien, comme pour la méditation, il faut expérimenter, s’entraîner, pratiquer encore et encore. La base de toutes les pratiques est la respiration consciente car elle nous procure cet espace nécessaire pour nous déployer, voyez comme la peur nous étouffe, nous empêche de respirer. Il existe différents petits exercices de respiration consciente pour nous y aider, ils sont simples, ils peuvent se faire à n’importe quelle occasion, n’importe ou, ils ne demandent  pas d’expérience particulière ;  je les trouve assez efficaces  pour apaiser l’agitation qui nous traverse, soulager les douleurs du corps, retrouver calme et sérénité.

En fait il suffit de fixer son attention sur sa respiration. C’est souvent comme cela que commencent les pratiques de méditation, ce n’est pas pour rien. Pendant que nous sommes concentrés sur notre inspire et notre expire, que nous sentons le mouvement de l’air qui entre et sort de nos poumons, nous ne pensons plus. Nous commençons à réaliser que nous avons un corps physique, qu’il est vivant, nous devenons plus attentifs à tous les bruits extérieurs, aux odeurs, nos sens sont en éveil et nous sentons la vie nous traverser. Nous gagnons en liberté et ne ressemblons plus à des morts vivants. Il est possible d’aller plus loin dans les exercices en suivant le parcours du souffle de haut en bas, de bas en haut, ou en se concentrant sur les parties de notre corps, partant de notre crâne jusqu’aux orteils. S’il on veut aller encore plus loin dans la pratique, on peut essayer de générer de la joie, du bonheur pendant la respiration, on peut aussi  “gérer”  ses émotions  mais alors là on se rapproche de la méditation ; c’est ce qu’enseigne THICH NHAT HANH, la respiration consciente ou la méditation de pleine conscience.

Je ne prétends pas que tout se résout grâce à ces exercices car l’humain est complexe et il doit composer avec ses sentiments, ses émotions. Si le retour à cette unité corps / Esprit apporte pour un moment un semblant de quiétude, dès que nous sortons de cette espace, les pensées reprennent le dessus  (le mental reprend le pouvoir, les rennes) et on se rend compte que les émotions sont toujours la. La gestion des émotions est donc un paramètre à prendre en compte pour retrouver la véritable paix intérieure mais c’est un autre problème. Pour le moment, contentons nous d’accéder à cet espace de calme et de silence grâce à cette respiration consciente dès que nous en avons l’occasion.

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