Savoir lâcher prise et accueillir ses limites

J’entend beaucoup parler d’accueil comme un processus d’évolution ; de quoi s’agit il? Peut on considérer qu’acceptation, accueil et lâcher prise ont le même sens?

Ce terme d’acceptation vient des milieux spirituels ou l’on nous dit qu’il faut accepter ce qui est, le moment présent mais j’ai remarqué que ce concept reste bien souvent intellectuel et ne se vit pas de l’intérieur. On accepte, on accueille oui et après? Vient un moment ou on éprouve le besoin de passer à un stade supérieur, ne plus avoir besoin d’accueillir car s’il y avait accueil véritable, nos émotions ne nous tourmenteraient plus. Si tout était si bien dans « l’ici et maintenant », pourquoi souffrons nous toujours? Nous nous répétons que tout est bien, qu’il en est ainsi mais nous n’y croyons pas vraiment, donc les résistances mentales sont encore là. C’est très difficile d’accepter ce qui est surtout lorsque nous vivons des moments difficiles. Nous avons notre bagage héréditaire et nous subissons des évènements sur lesquels nous n’avons pas de contrôle ( aléas économiques, la vieillesse, la mort). On peu les refuser en se réfugiant dans le passé ou en se projetant dans le futur en espérant une vie meilleure (meilleur emploi, amour plus épanoui, plus d’argent) ou en en faisant un moteur pour évoluer mais il s’agit plus d’une course à obtenir toujours plus et l’insatisfaction sera toujours là.

L’acceptation est souvent synonyme de défaite, de léthargie, de renoncement alors qu’il s’agit en fait de détachement par rapport à une situation, ce qu’on appelle le lâcher prise. Ce « oui à la vie » ne signifie pas « c’est bien » mais « c’est ainsi » et n’implique pas d’être passif mais de cesser toute résistance et d’accepter le moment présent même s’il est inconfortable ou douloureux puis de mettre en action les moyens pour s’en sortir. Lorsqu’on est dans le contrôle ou la résistance cela se répercute au niveau du corps qui se contracte, la circulation de l’énergie se fait mal et les symptômes apparaissent. Le fait de lâcher prise nous permet de nous concentrer sur l’instant présent et c’est à ce moment que les solutions viennent à nous. C’est un phénomène qui se vit de l’intérieur, il ne transforme pas la situation mais il nous transforme nous : nous devenons riche de l’intérieur, notre vision et du monde est différente, cela se propage sur notre entourage et les choses se mettent à changer autour de nous.

On pourrait faire une distinction entre l’acceptation et l’accueil car le mot acceptation sous entend qu’il y a un une part de moi qui n’accepte pas et si j’accepte je n’écoute pas cette part et me fais donc violence. Il ne s’agit alors que d’une stratégie pour trouver la paix et se donner bonne conscience, nous restons dans le mental. L’accueil consiste plutôt à écouter ses différentes parts de soi, bien les différencier et se mettre en empathie avec elles ; seulement alors la paix et la sérénité peuvent émerger et donner ainsi du carburant à notre énergie pour trouver les solutions et poursuivre notre épanouissement. Malheureusement notre société ne nous a pas appris à nous écouter mais plutôt à nous juger et à toujours nous dépasser. On a considéré que plus on mettait de la tension et de la pression sur les êtres, plus ils étaient productifs alors que certaines études prouvent tout à fait le contraire : la productivité augmente quand on accueille ses limites et qu’on se détend.

J’aime cette phrase d’Eckhart Tolle qui dit que « la plénitude de la vie est la seule véritable prospérité ».