Les bons mots pour éviter les maux

Dans une société ou l’on s’exprime par textos, par emails ou tweets pour faire des raccourcis, pour pouvoir tout gérer et caser du relationnel dans nos emplois du temps surbookés, il est important de retrouver du lien par la parole et réapprendre à communiquer en utilisant les « bons » mots et en prenant en compte les besoins de l’autre.

Que ta parole soit impeccable

C’est le 1er des 4 accords Toltèques du livre de Don Miguel Ruiz. Le premier chapitre commence ainsi :

Le 1er accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à honorer. Il est si important qu’à lui seul, il vous permettra de transcender votre vie actuelle pour parvenir à ce niveau que j’appelle le Paradis sur terre ».

La parole est le propre de l’homme. C’est une énergie, une force qui nous permet d’exprimer notre pouvoir créateur ; en cela c’est un outil puissant et magique qui peut tout aussi bien transformer une vie en bien ou en mal ; en effet les mots et les expressions que nous utilisons révèlent nos croyances et influencent à la fois notre attitude et notre comportement envers les autres. Or, nous avons tendance à nous exprimer par la négative ; par exemple, nous disons ce que nous ne voulons pas au lieu d’exprimer ce que nous voulons. Les émotions négatives suscitées par des mots négatifs nous vident de notre énergie et nous détournent de notre but. Dire « je suis exténuée, découragée » ne peut qu’accentuer cet état. De même si l’on traite quelqu’un d’idiot, de maladroit, la personne se sentira complexée, imprimera ces mots et agira comme si elle était idiote ou maladroite. Un autre exemple avec les mots qui définissent certaines maladies (cancer, sclérose en plaques), bien souvent dès que le mot est associé au mal, on peut constater que l’état de la personne s’aggrave.

La première règle serait de ne pas utiliser la parole contre soi, du style « je suis moche, je suis grosse, je suis bonne à rien » et de cesser de nous raconter des histoires ; on passe son temps à se mentir pour se rassurer, pour essayer de paraître intelligent, de conserver son emploi, de montrer qu’on est courageux……..nous sommes dans le contrôle en permanence. A un moment donné, il faut accepter d’être ce que nous sommes, pas besoin d’être un héros.

Avoir une parole impeccable c’est faire bon usage de notre énergie dans le sens de la vérité et de l’amour pour soi-même et donc pour les autres et non de rabaisser, de critiquer et médire ou exprimer sa colère, son envie ou sa jalousie car cela crée des problèmes et au final peut se retourner contre soi. Un exemple frappant est celui de la rumeur. Si l’on compare l’esprit humain à un ordinateur, la propagation d’une rumeur équivaut à un virus informatique. Un mensonge ou une parole mal interprétée et colportée peut détruire la relation entre deux êtres et infecter l’entourage. De même trop parler ou parler pour ne rien dire ou se plaindre nous vide de notre énergie, nous fatigue et fatigue les autres. Plutôt que de n’avoir rien à dire, mieux vaut apprendre à écouter.

En résumé « dire ce que nous voulons, formuler positivement, employer des mots dynamisants. Une parole impeccable peut nous conduire à la liberté, supprimer toute peur et la transformer en joie et amour ».

Petit focus sur la communication non violente

Jusqu’à ce que je découvre Marshall Rosenberg, la CNV (Communication non violente) s’apparentait pour moi à de la compassion et je m’en faisais une image idéale voire utopique du sytle « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » avec comme seules références Gandhi et Martin Luther King.

En fait il s’agit bien d’une pratique de compassion mais pas passive ni compatissante mais qui s’exprime au travers d’une énergie de paix, de bienveillance, d’unité. ; c’est à la fois une intention, un langage, une pratique spirituelle à vivre au quotidien ; plus que ça, c’est un art de vivre.

Pour cela, nous devons passer par une transformation de nous-même dans nos rapports au monde, avec les autres et avec nous-même, nous devons apprendre l’auto compassion pour libérer les blocages qui nous empêchent de vivre une communication fluide et authentique avec les autres (nous aspirons généralement à de la joie, de la détente et de la sérénité et non au conflit et au chaos). Certaines pratiques permettent de travailler sur nos croyances limitantes et nous y aider comme l’Hypnose, le REIKI, la respiration holotropique, la kinésiologie….

L’auto compassion est déjà d’accueillir « ce qui est », ce que nous sommes avec toutes nos facettes et notre vulnérabilité. Ce lâcher prise a souvent des effets inattendus car en s’ouvrant ainsi, nous faisons un espace et nous permettons à la vie de nous apporter ce qu’il y a de mieux pour nous.

D’où vient cette violence?

La violence est une énergie produite par la colère : quand nous voulons obtenir un résultat particulier et que nous ne l’obtenons pas alors nous avons un sentiment de frustration et d’impuissance ; s’enclenche alors tout un processus qui nous amène à la violence car nous ne trouvons pas d’autre moyen que de l’exprimer. Elle peut être aussi masquée lorsqu’on insulte les autres en pensée, ou dirigée contre nous-même lorsque nous nous traitons de tous les noms par exemple, les effets sont tout aussi dévastateurs.

Pour Marshall Rosenberg, psychologue clinicien et père de la CNV »c’est parce que je suis en paix avec ma violence que j’ai choisi la non violence »

Il a mis en place un processus fondé sur 4 aspects afin de nous apprendre à privilégier la qualité de la relation plutôt que de communiquer à partir de nos manques, de nos jugements et de vouloir obtenir à tout prix un résultat :

  1. Nos observations qui sont à distinguer de nos jugements (observer ce qui arrive dans une situation donnée comme par exemple je rentre d’un séminaire professionnel et la maison est sans dessus-dessous).
  2. Nos sentiments (identifier ce que l’on ressent à ce moment là : je suis en colère bien sûr mais au delà de ça, je suis triste ou déçue ou désabusée, découragée)
  3. Nos besoins, en les différenciant des stratégies pour y parvenir (j’avais besoin de pouvoir compter sur les enfants pour que tout soit propre et rangé à mon retour, j’avais besoin de sérénité parce que je suis fatiguée du voyage et j’avais envie de me poser et de profiter de la soirée tranquillement)
  4. Nos demandes en vérifiant qu’elles ne soient pas des exigences (formuler une demande qui reprenne les 3 premiers aspects et qui ne soit pas un ordre « lorsque je vois tout ce fouilli, je suis un peu déçue car j’avais besoin de me poser après ce voyage et pensais profiter de la soirée avec vous deux ; accepteriez vous de ranger un peu, ensuite on se fait un petit diner sympa ? »). J’ai beaucoup simplifié mais c’est le principe et franchement depuis que je m’emploie à ce « nouveau » langage, mes rapports avec mon fils ne se s’enveniment plus dès qu’il y a désaccord.

Cette méthode semble simple à appliquer au premier abord mais elle est subtile et réfléchie, c’est un déconditionnement, un changement de paradigme : « le but de la CNV n’est pas d’obtenir ce que nous voulons, mais d’obtenir un lien humain qui permette à chacun de voir ses besoins satisfaits ».

Il s’agit bien d’un rapport au monde, aux autres et à soi-même